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Petits couples et gros dégâts

© Félicie Baguette dit Michael

Spectacle pour l'espace public - 3 pièces courtes de Courteline

Dans ce spectacle, nous réunissons trois courtes pièces de Georges Courteline — La Peur des coups, Les Boulingrin, Gros Chagrins — comme autant de tableaux grinçants sur les travers de la vie à deux.

La mise en scène transpose ce théâtre de salon dans l’espace public. Un couple fait irruption à la terrasse d’un café, ou à la buvette d’un festival. On dirait qu’ils rentrent de soirée, passablement grisés : l’une chute, l’autre l’insulte. La dispute éclate. Jaloux comme un pou, le mari s’emporte, menace de cogner tout le monde — sauf le prétendu amant, « manifestement hors de sa catégorie ». Les spectateurs et spectatrices attablés deviennent soudain témoins et complices. On leur boit leur verre, on s’assoit sur leurs genoux, on les prend à partie.
Puis, une autre voix surgit du public : une femme en larmes accuse son compagnon de la tromper, avant de se perdre dans des histoires de clés, de chansons, de suicide simulé… qui se terminent par une chenille générale.

Plus tard, un homme, croyant avoir trouvé un coin tranquille, se retrouve pris en étau entre le couple qui s’échauffe encore, autour du cadavre du chat sacrifié. Bousculé, humilié, on le force à avaler de la nourriture avariée et du vin bouchonné. Et la scène finit par s’embraser — au sens propre comme au figuré.
Ce qui rend ces personnages si drôles, c’est qu’ils ont des égos surdimensionnés… qui finissent par les écraser. Petites existences, petits rêves : incapables de prendre soin des autres, ils s’enlisent dans leurs logiques absurdes. Et c’est pour ça que jouer ces « scènes de ménage » dans l’espace public est si savoureux : le regard de l’autre ne compte plus, on envahit totalement son espace pour lui jeter à la face son propre vide. Rien de ce qui est dit n’est posé, réfléchi, pensé. Comme dit Bottom chez Shakespeare : « ce n’est rien, ça n’existe pas ». Mais le rire, lui, existe. Il résonne, il rassemble, il soigne. Il devient un langage du corps qui fédère et nous protège — même dans la cruauté.
Pas de morale ici, pas de message appuyé. Juste des êtres humains empêtrés, qui s’agitent, s’emportent, s’indignent… pour des riens. Courteline revendiquait une « musique légère » jouée par de « petits personnages » dans des « toutes petites fins ». En le sortant des salons pour le jouer dans la dans la rue, nous lui rendons justice : un théâtre vif, cru et burlesque, où les petites histoires dérapent jusqu’au drame grotesque, où même un chat mort et un incendie deviennent matière à rire — ensemble.

Adaptation et mise en scène : Julie Roux
Jeu : Carole Guittat, Julie Roux, Léandre Benoît et Elie Triffault

 

Création 2025 dans le cadre du festival y'a Pas la mer - Toulon-sur-Arroux
Production : Compagnie Cipango

• Théâtre / Espace public

• Durée : 1h

© Compagnie Cipango

 

Compagnie conventionnée par la Drac Bourgogne Franche Comté

Subventionnée par le Conseil Régional Bourgogne-Franche-Comté, le Département de Saône-et-Loire, la communauté de communes Entre Arroux, Loire et Somme et la commune de Toulon-sur-Arroux.

Opérateur principal du CLEA de Toulon-sur-Arroux

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